Les signes cliniques

Dès lors qu’un chien a été piqué par un phlébotome qui lui a transmis des leishmanies, plusieurs cas de figure sont possibles :

  • Infection sans signes cliniques ou chien porteur sain (environ 10% des chiens infectés1) ;
  • Infection avec signes cliniques (environ 90% des chiens infectés1).

Comme nous l’avons vu dans la partie dédiée aux causes et transmission, les leishmanies ont pour cible les macrophages. Tous les organes et tissus comptant ces cellules peuvent ainsi être atteints. Les signes cliniques qui en découlent sont donc très variés. On distingue des lésions de la peau dites cutanéo-muqueuses mais aussi des lésions des organes dites viscérales, c’est pourquoi on parle souvent de leishmaniose générale. Les signes cliniques surviennent après la période d’incubation, c’est-à-dire la période entre le moment où un chien s’est fait infecter par piqûre d’un phlébotome et le moment où les premiers symptômes apparaissent. Concernant la leishmaniose, cette période d’incubation est longue et très variable. Elle peut en effet aller de 3 mois à 1 an. Il s’agit d’une maladie chronique.

Comme nous l’avons vu précédemment, les signes cliniques sont très variables. On distingue très souvent en premier lieu des signes cutanés pouvant par la suite s’accompagner ou non de signes généraux. Les signes qu’un chien exprime peuvent être plus ou moins importants.

Les signes cliniques cutanés

 Les signes cutanéo-muqueux qu’il est possible d’observer sont les suivants :

  • Perte de poils (notamment au niveau des yeux, des oreilles, de la queue et des membres) ;
  • Ulcères (notamment au niveau de la truffe et en face interne des pavillons des oreilles, zones où les phlébotomes piquent fréquemment les chiens) ;
  • Pousse rapide des griffes ;
  • Squamosis (présence importante de squames, c’est-à-dire de pellicules, sur le pelage) ;
  • Épaississement et coloration de la peau qui devient grisâtre avec un aspect plissé ;
  • Nodules non douloureux présents sous la peau.

Les signes cliniques généraux

Les signes généraux qu’il est possible d’observer sont les suivants :

  • Fonte musculaire (notamment au niveau de la tête, donnant un aspect de « vieux chien », mais aussi au niveau des membres et des hanches) ;
  • Perte d’appétit et de poids ;
  • Changement de comportement (le chien atteint peut être moins joueur que d’habitude et apathique) ;
  • Hyperthermie (augmentation de la température corporelle) qui est inconstante, notamment chez les jeunes chiens.

Il est également possible que d’autres signes cliniques soient présents, notamment des signes oculaires, nerveux ou encore rénaux. Bien qu’il existe plusieurs mesures de lutte contre la leishmaniose, il est important de retenir que cette maladie évolue souvent vers la mort du chien de manière progressive car son système immunitaire n’arrive pas à éradiquer les leishmanies.

Chez l’humain, on parle de leishmaniose viscérale. Il est possible de voir apparaître une perte de poids, une faiblesse, de la fièvre mais aussi une atteinte de la rate et du foie. L’humain est un « cul-de-sac épidémiologique », c’est-à-dire que le cycle du parasite s’arrête là et ne peut pas se poursuivre. Chez le chat, les signes cliniques semblent similaires à ceux que nous avons vu précédemment chez le chien.

Pour en savoir plus sur la santé de votre chien, rendez-vous sur le site :

1 Abrégé de Parasitologie Clinique du chien et du chat, F. Beugnet, G. Miró, L. Halos, J. Guillot. Servet editorial – Grupo Asís Biomedia SL, 2021. 436 p.